Le REMA promeut un large éventail d’actions en faveur de la
musique ancienne, tant au niveau national qu’international.
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Jan 21, 2021

POUR UNE MOBILITE ARTISTIQUE MALGRE LE BREXIT

Versailles, 21/01/2021

Le 1er janvier 2021, suite au référendum de 2016 sur le Brexit et en conséquence de la fin de la période de transition, la liberté de mouvement qui est à la base du dynamisme au sein du secteur artistique européen a pris fin. Alors que certaines catégories professionnelles ont pu être exemptées de nouvelles réglementations onéreuses en matière de visas dans le cadre de l'accord de commerce et de coopération UE-Royaume-Uni, les artistes et musiciens professionnels semblent avoir été laissés de côté malgré la pression du secteur. Plus inquiétant encore, il semblerait qu'une proposition d'exemption de visa de 90 jours ait été rejetée par le gouvernement britannique au cours des négociations. Cela laisse présager un avenir très incertain pour un secteur qui peine déjà à survivre à la crise du COVID-19.


Le REMA, réseau européen de musique ancienne, déplore cette omission et ses conséquences négatives probables sur la coopération culturelle entre les organisations britanniques et européennes. Le secteur de la musique ancienne est particulièrement vulnérable aux lacunes financières et administratives en raison d’une prévalence d’organisations de petite ou moyenne taille et de nombreux artistes individuels (souvent jeunes). Pour eux, avoir à faire face aux exigences de visa peut conduire à une perte dévastatrice d'opportunités de tournée, à une réduction drastique de l'emploi et à une vie culturelle appauvrie.


Albert Edelman, président du REMA, indique que « pendant des décennies, les festivals et autres organisateurs de concerts ont pu inviter et faire se produire des artistes et des ensembles européens et britanniques sans que cela n’ait aucune conséquence administrative. À l'inverse, de nombreux ensembles britanniques, parmi les meilleurs au monde, ont construit leur identité artistique et leur succès autour d’artistes basés des deux côtés de la Manche. Maintenant que la libre circulation n’existe plus, nous ne pouvons qu'espérer que l’accroissement de bureaucratie ne mettra pas un terme soudain à ces liens artistiques soigneusement élaborés. Nous devons à notre public et à nous-mêmes de lutter pour la mobilité des artistes. »


Richard Heason, directeur de St. John's Smith Square, Londres, et vice-président du REMA, ajoute : « Depuis sa création il y a 20 ans, le REMA a toujours eu pour membres des organisations britanniques et au nom du réseau, j'exprime notre solidarité avec ces membres qui sont mes collègues et avec les artistes et ensembles avec lesquels ils travaillent, où qu'ils soient basés. Le REMA continuera à encourager la coopération internationale dans le domaine de la musique ancienne en gardant le réseau ouvert à toute organisation britannique qui répond à ses critères d’adhésion, en organisant régulièrement des événements au Royaume-Uni comme auparavant, et en informant nos membres basés dans l'UE des exigences administratives pour l'emploi d'artistes britanniques. »


Alors que le REMA se prépare à s'ouvrir à d’autres types d'organisations que les seuls programmateurs, et notamment aux ensembles, le réseau jouera son rôle en encourageant et promouvant les coopérations artistiques. Au-delà de cette démarche, le REMA appelle vivement le gouvernement britannique et la Commission européenne à revoir les règles afin d’inclure les artistes professionnels en tournée dans les exemptions de visa.

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